Mis à jour le 27 octobre 2026
Vous arrive-t-il de vous sentir partagé·e entre une part de vous qui veut avancer et une autre qui freine des quatre fers ? Peut-être tapez-vous « IFS thérapie » par curiosité, pour mieux comprendre le concept, vous familiariser et comprendre ce que sont ces parts de soi. Ou pour valider si cette méthode pourrait être une piste face à différentes souffrances : des répétitions, des comportements addictifs, des réactions irrationnelles, ces moments où on se dit « c’est plus fort que moi ».
Dans cet article, nous vous présentons ce modèle avec l’éclairage de Nathalie Giraud, praticienne IFS, sexothérapeute et thérapeute de couple, invitée de l’Académie du Développement Personnel. Nous avions à cœur de rendre cette discipline accessible au plus grand nombre.
Ainsi, en refermant cet article, vous aurez compris l’importance d’accueillir toutes vos parts et votre système intérieur. Vous saurez distinguer les trois grandes catégories de parts et leur centre, et vous aurez déjà des pistes pour « communiquer » avec ce système intérieur, grâce à un exercice simple guidé par Nathalie.
L’IFS (Internal Family Systems, ou « systèmes familiaux intérieurs ») est une approche de psychothérapie créée par Richard Schwartz. Elle considère que notre psychisme est composé de plusieurs parts, chacune avec son histoire et son intention protectrice, et d’un Self, un centre calme et bienveillant capable de les écouter et de les apaiser.
Pour le dire simplement : notre univers intérieur est assez complexe, nous avons différentes parties de nous qui parfois entrent en conflit. Par exemple, une part de vous veut s’engager dans une relation affective, et l’autre a peur d’être rejetée ou abandonnée.
L’IFS permet de désamorcer ces conflits en écoutant et en comprenant ce que ces parts cherchent à exprimer, et de retrouver la paix et vous réaliser pleinement.
Dans cet article
- IFS thérapie : c’est quoi ?
- Pourquoi se sent-on tiraillé·e à l’intérieur ?
- Les trois familles de parts : managers, pompiers et exilés
- Qu’est-ce que le Self dans l’IFS ?
- Comment se déroule le dialogue avec une part ?
- Un exercice pour commencer : votre lieu refuge
- Ce que dit la recherche, et les limites de l’IFS
- Vos questions sur l’IFS thérapie
- Pour conclure
Plusieurs parts en nous, et un centre calme pour les accueillir
IFS thérapie : c’est quoi ?
L’IFS thérapie est une approche qui voit chaque personne comme une famille intérieure. Nos réactions, nos peurs et nos élans viennent de parts distinctes qui cherchent toutes, à leur manière, à nous protéger. Le travail consiste à les écouter depuis le Self plutôt qu’à les combattre.
Le modèle est né aux États-Unis au début des années 1980. Richard Schwartz, alors thérapeute familial, remarque que ses patients décrivent spontanément des « parties » d’eux-mêmes qui se disputent. Il transpose donc à la vie intérieure ce qu’il observait dans les familles : des rôles, des alliances, des conflits.
Nathalie résume ainsi ce qui l’a séduite :
« C’est un modèle qui vient des États-Unis, et ce que j’aime, c’est qu’il est intégratif : il réunit de nombreuses techniques de psychothérapie. Il repose sur une approche systémique, c’est-à-dire sur l’idée que chacun de nous est composé de multiples parties, un peu comme une très grande famille à l’intérieur de nous. »
Nathalie, lors du webinaire « Découvrez la méthode IFS qui change tout », à l’Académie du Développement Personnel.
Ce regard a une conséquence majeure : il ne pathologise pas. En effet, selon ce modèle, aucune de nos réactions n’est « mauvaise » ; chacune a une fonction. Comme le dit Nathalie, « aucun comportement n’est mauvais en soi. Chaque réaction a une fonction plutôt protectrice, même si bien des endroits de nous ne la comprennent pas ».
Qui est Nathalie ?
Quand nous avons imaginé cet axe d’enseignement, il était évident pour nous que nous avions besoin de quelqu’un qui connaisse l’IFS en profondeur, mais qui sache aussi le rendre accessible, sécurisant et vivant. Et Nathalie réunit naturellement toutes ces qualités, son parcours est très riche, et je suis ravie qu’elle se soit enthousiasmée pour ce projet et qu’elle ait accepté de nous partager ses enseignements.
Nathalie, invitée de l’Académie du Développement Personnel
Nathalie est praticienne des techniques de psychothérapie en Internal Family Systems depuis près de 15 ans. Formée aux niveaux 1, 2 et 3 du modèle, elle a également été assistante aux formations IFS et IFIO pour le couple, et supervise aujourd’hui des thérapeutes en français comme en anglais. Elle est elle-même supervisée depuis plus de 15 ans.
Elle a aussi animé des ateliers pratiques autour de l’IFS, notamment en lien avec le toucher et le tantra, en France et à Boston, au sein de l’association internationale IFS.
Pourquoi se sent-on tiraillé·e à l’intérieur ?
Selon l’IFS, nous nous sentons tiraillé·es parce que plusieurs parts poursuivent chacune un objectif légitime, mais sans se coordonner. L’une veut faire du sport, l’autre a besoin de repos, une troisième juge les deux. Le problème n’est pas l’une d’elles, mais le manque de dialogue entre elles : aucune n’est défaillante, elles n’ont simplement pas le même rôle ni la même histoire.
Cela commence parfois par des choses toutes simples : une part de vous veut manger du chocolat, et une autre part dit non : « ça se met sur mes hanches et je tiens à ma ligne ».
Prenons aussi l’exemple que Nathalie a donné pendant le webinaire. Après les fêtes, une part de vous décide de faire attention à ce que vous mangez : elle regarde vers l’avenir. Cependant, une autre part, épuisée par le travail, les enfants et les soucis, ne peut pas fournir un effort de plus et se console en mangeant. Aussitôt, une troisième part vous reproche de ne pas tenir vos résolutions, et la honte s’installe.
« C’est plutôt l’intelligence de toute une famille réunie autour de la table, mais un peu comme à Noël, quand plus personne ne s’entend et que tout le monde se crie dessus. Quand on essaie de forcer une partie, elle se rebelle. […] Au lieu de choisir qui va gagner, il s’agit d’aller les écouter une par une et d’apprendre à composer avec ce système. »
Nathalie, lors du webinaire « Découvrez la méthode IFS qui change tout », à l’Académie du Développement Personnel.
Prenons un autre exemple, celui des devoirs avec les enfants : l’enfant refuse l’effort, la première réaction est la colère qui monte, et le conflit se déclare… « J’aimerais rester zen », mais c’est difficilement contrôlable, et malheureusement la communication s’enlise sans qu’aucun des protagonistes ne progresse.
À l’Académie, voici les tiraillements que l’on nous confie le plus souvent :
- le désir de se lancer dans un business, et une autre part qui freine des quatre fers ;
- un critique intérieur qui ne laisse pas de répit, alors qu’on voudrait être zen ;
- des réactions telles que la colère, trop fréquentes, et le désir de pouvoir communiquer aisément ;
- des addictions à la nourriture, à l’alcool, et la culpabilité ;
- des blessures anciennes qui se réveillent sans cesse.
Si vous pensez simplement « je manque de volonté », sachez que ce n’est justement pas une affaire de volonté, mais d’écoute, de bienveillance et d’accueil. Plutôt que de vous dire « je suis nul·le », vous pouvez reconnaître qu’une part cherche la sécurité, qu’une autre réclame du repos. Ce simple changement de vocabulaire apaise déjà le conflit.
Les trois familles de parts : managers, pompiers et exilés
L’IFS distingue trois rôles. Les managers anticipent et contrôlent pour éviter la souffrance. Les pompiers réagissent dans l’urgence quand la douleur surgit. Les exilés sont les parts blessées, souvent jeunes, que les deux autres tentent de garder à l’écart.
| Famille de parts | Ce qu’elle fait | Exemples cités par Nathalie |
|---|---|---|
| Les managers | Tournés vers l’avenir, ils gèrent, anticipent et contrôlent pour que la blessure ne se rejoue pas. | Rester dans un travail qui ne convient plus « parce que c’est connu » ; refuser de s’engager par peur d’être blessé·e ; s’épuiser à tout faire parfaitement. |
| Les pompiers | Ils éteignent l’incendie intérieur tout de suite, quitte à faire des dégâts. | Une série regardée d’une traite pour ne pas sentir ; claquer les portes d’une relation ou d’un emploi sur un coup de tête ; des compensations qui finissent par saboter ce qui avait été construit. |
| Les exilés | Enfouis, ils portent les blessures anciennes et cherchent désespérément à être sauvés. | Des blessures d’abandon, de rejet, de trahison ou d’humiliation ; la difficulté à dire non ou à poser des limites, par peur du rejet. |
Pour ma part, en préparant ce webinaire, ce sont les pompiers qui m’ont le plus éclairée, parce que j’ai tendance à réagir fortement, de façon impulsive, ou à avoir besoin d’agir quand je me sens bloquée.
Ces parts ne sont pas des ennemies. Elles ont appris, souvent très tôt, une stratégie qui fonctionnait à l’époque. Simplement, elles ne se sont pas rendu compte que vous avez grandi. Si vous reconnaissez la blessure de rejet dans la colonne des exilés, notre article blessure de rejet : la reconnaître et s’en libérer vous aidera à aller plus loin.
Et si vous vous reconnaissez dans les exilés et leurs blessures, c’est une chance de pouvoir rencontrer ces parts de soi, une occasion de réparation. Aucune part de nous n’est défaillante, elles ont toutes un rôle dans notre histoire ; elles ont besoin d’être reconnues, entendues. Il s’agit de devenir « une bonne mère » pour soi.
Quand la procrastination protège
Nathalie a raconté un exemple personnel. Après une période de maladie, elle n’arrivait plus à reprendre l’écriture de son livre : chaque matin, une part d’elle l’envoyait jardiner, ranger ou téléphoner. Plutôt que de se forcer, elle a choisi d’écouter cette part.
« Quand je l’ai écoutée, voici ce qu’elle m’a dit : si tu écris ton livre et que tu le publies, tu vas t’exposer, tu seras peut-être jugée, rejetée, critiquée. […] Cette partie de moi qui me bloque, ce n’est pas la flemme : c’est celle qui me protège. »
Nathalie, lors du webinaire « Découvrez la méthode IFS qui change tout », à l’Académie du Développement Personnel.
Une fois rassurée (elle n’est plus l’enfant punie pour une récitation manquée), cette part a laissé revenir l’élan. Elle a d’ailleurs presque terminé son livre.
Quand une part cherche la sécurité
Découvrir les mécanismes de protection de nos parts intérieures permet de faire des choix beaucoup plus éclairés ! En effet, il m’est arrivé de prendre des directions de vie en total désaccord avec mes désirs véritables.
Je comprends, à la lumière de ce que nous avons partagé, que c’était mon enfant intérieur, enfin la part de moi qui cherchait la sécurité. Sa protection n’était plus du tout appropriée, à tel point que j’ai fait un bond en arrière, et il m’a fallu faire un long chemin pour retrouver mon moi d’adulte.
Qu’est-ce que le Self dans l’IFS ?
Le Self, c’est l’espace stable et calme en soi, la conscience de soi. Présent dès la naissance, ce n’est pas une part de plus, mais un état de curiosité et de bienveillance d’où l’on peut écouter chaque part sans se laisser envahir. Il agit comme le chef d’orchestre de la famille intérieure.
« Le self, c’est le soi. Quand il est présent, on le sent, parce qu’il y a du calme. Ce n’est pas un calme qui supprime tout […] C’est la capacité à être au monde, à réfléchir, en contact avec l’émotion, sans être submergé par elle. […] C’est là, c’est présent, c’est ouvert et c’est curieux. »
Nathalie, lors du webinaire « Découvrez la méthode IFS qui change tout », à l’Académie du Développement Personnel.
À quoi reconnaît-on ce calme ? Par cette sensation d’unité, de paix intérieure, reconnue par un sentiment de stabilité, comme un petit sourire intérieur : ouvert, accueillant, posé, curieux.
À l’Académie, le Self est équivalent à ce qu’on appelle la nature profonde : un sentiment d’unité, à partir duquel les choix et les relations sont fluides, alignés, authentiques.
Richard Schwartz décrit ses qualités par huit mots qui commencent par un C en anglais :
- le calme et la curiosité ;
- la clarté et la compassion ;
- la confiance et le courage ;
- la créativité et la connexion.
Attention toutefois au « faux self » : un chef d’orchestre pressé, qui exige que tout s’harmonise vite et parfaitement, est en réalité une part exigeante de plus. Selon Nathalie, l’unification se fait « en se donnant le temps ».
Au quotidien, quand le Self est aux commandes, les choses changent concrètement : vous pouvez poser une limite sans vous justifier à l’excès, demander une augmentation avec assurance, ou parler en couple de ce que vous ressentez sans attaquer ni vous fermer.
Le Self, chef d’orchestre de notre famille intérieure
Comment se déroule le dialogue avec une part ?
En IFS, on commence par se « désamalgamer » : prendre un peu de distance avec l’émotion pour pouvoir l’observer. Ensuite, on repère la part, on porte son attention sur elle, on la découvre avec curiosité, on écoute ses peurs et on demande sa permission avant d’aller plus loin, sans jamais forcer.
La première étape change déjà beaucoup. Nathalie explique la différence entre être une émotion et être en relation avec elle :
« Être une émotion, c’est être submergé par elle : c’est tout moi qui suis en colère. Si je peux tourner mon attention vers moi, je peux dire : j’ai une part de moi qui est en colère, et une autre peut-être qui est triste. […] Cela permet de prendre de la distance, de créer de l’espace en soi sans être submergé par l’émotion. On peut alors parler pour ce qu’il y a en soi, plutôt qu’à partir de ce qu’il y a en soi. »
Nathalie, lors du webinaire « Découvrez la méthode IFS qui change tout », à l’Académie du Développement Personnel.
Ensuite, le dialogue suit six étapes, telles que Nathalie les a présentées :
- trouver la part, par exemple là où elle se manifeste dans le corps (le ventre qui se noue, le cou qui se crispe) ;
- porter son attention sur elle, avec le souffle ou une main posée à l’endroit où elle se manifeste ;
- la découvrir comme on découvre quelqu’un, avec ouverture et curiosité ;
- écouter ses peurs : que craint-elle s’il cessait de faire ce qu’elle fait ?
- demander la permission aux parts gardiennes avant d’aller plus loin ;
- avancer sans forcer, y compris face à la part impatiente qui voudrait que « ça marche » tout de suite.
Cette politesse intérieure peut surprendre. Pourtant, selon Nathalie, dès que l’on demande la permission, quelque chose « commence à se déposer ».
Une question posée lors du webinaire
Une participante : « Ça fait bizarre… Est-ce que cela ne dissocie pas encore plus ? »
Réponse de Nathalie : « Cela dépend de ton système. En cas de bipolarité, ce n’est pas une méthode que j’utiliserais. Mais si tu as la sensation de pouvoir isoler une part de toi, dans ton ventre par exemple, et une autre dans ta tête qui te parle, et que tu es d’accord pour te dire que c’est un endroit de toi qui fait cela, alors il n’y a plus de problème. […] Avec une personnalité borderline, je ne m’adresserais pas à des sous-personnalités, parce que cela risque de fragmenter. »
Échange rapporté du webinaire « Découvrez la méthode IFS qui change tout », animé par Nathalie à l’Académie du Développement Personnel.
Un exercice pour commencer : votre lieu refuge
À la fin du webinaire, Nathalie a guidé un exercice simple pour créer un espace de sécurité intérieur, à retrouver dès que vous vous sentez débordé·e. Ce n’est pas encore un travail IFS à proprement parler, mais la base qui le rend possible :
Votre lieu refuge en six étapes
- installez-vous confortablement, les pieds posés au sol pour vous ancrer ;
- prenez trois ou quatre grandes inspirations et expirations, puis fermez les yeux ;
- imaginez un lieu où vous vous sentez en sécurité : un souvenir d’enfance, un lieu de vacances, un endroit rêvé ou lu dans un livre ;
- ajoutez-y des couleurs, une température, des sons, des odeurs : c’est vous qui le créez ;
- ancrez-le par un petit geste, par exemple deux doigts pressés l’un contre l’autre ou une main sur le cœur ;
- remerciez ce lieu, puis revenez doucement, en laissant vos yeux s’ouvrir à leur rythme.
Ce lieu pourra aussi accueillir, plus tard, une part de vous qui a besoin d’être mise à l’abri.
Pour revenir à votre Self au quotidien, il s’agit d’un ancrage à préparer en amont : lors d’un état de bien-être, quand vous avez la sensation d’être dans votre Self, choisissez un geste facile à reproduire en cas de besoin, par exemple la main sur le cœur.
Ce que dit la recherche, et les limites de l’IFS
L’IFS reste encore peu étudiée scientifiquement. Un essai de 2013 auprès de personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde a montré des effets encourageants sur la douleur, la dépression et la compassion envers soi, mais il s’agit d’une étude préliminaire, de petite taille.
En 2013, l’équipe de Nancy Shadick a comparé, auprès de 79 personnes, un accompagnement IFS de neuf mois à un simple envoi d’informations. Le groupe IFS a vu sa douleur et sa fonction physique s’améliorer, puis, un an plus tard, sa dépression diminuer et sa compassion envers lui-même augmenter. Néanmoins, ces résultats demandent à être confirmés par des études plus larges.
Par ailleurs, Nathalie insiste sur plusieurs limites. En cas de trouble bipolaire, de personnalité borderline, de dissociation importante ou de trouble de l’attention, l’IFS ne se pratique pas seul·e : un accompagnement par un ou une professionnelle est nécessaire, et le traitement médical, quand il existe, reste indispensable. Comme elle le dit, « il vaut mieux être accompagné plutôt que d’essayer d’appliquer ce modèle seul sur soi ».
En cas de souffrance psychique intense, le 3114 répond gratuitement, 24 h/24.
L’article permet de découvrir les principes de l’IFS ; le webinaire avec Nathalie permet de reconnaître ses propres mécanismes. Et surtout, Nathalie incarne les qualités humaines de bienveillance et de non-jugement : elle est rayonnante.
Grâce à sa pédagogie naturelle, elle explique des mécanismes psychologiques parfois complexes avec des mots simples, qu’elle enrichit d’exemples concrets et de métaphores. Elle a une façon très naturelle de rendre compréhensible ce qui se joue à l’intérieur de nous.
Découvrez la méthode IFS avec Nathalie
Webinaire gratuit « Découvrez la méthode IFS qui change tout », avec un exercice guidé en direct.
Vos questions sur l’IFS thérapie
Qui a créé l’IFS ?
L’IFS (Internal Family Systems) a été développée au début des années 1980 par Richard Schwartz, thérapeute familial américain. Il a remarqué que ses patients décrivaient spontanément des « parties » d’eux-mêmes en conflit, et il a appliqué à la vie intérieure les principes de la thérapie familiale.
Qu’est-ce que le Self en IFS ?
Le Self est le centre calme et bienveillant de chaque personne. Ce n’est pas une part, mais un état de présence marqué par le calme, la curiosité, la clarté et la compassion. Selon le modèle IFS, il est présent dès la naissance et peut toujours être retrouvé, même lorsque des parts protectrices le recouvrent.
Combien de parts a-t-on en soi ?
Il n’existe pas de nombre fixe. Certaines personnes en repèrent quelques-unes, d’autres des dizaines. Nathalie propose parfois de les noter sur de petits papiers pour les voir hors de soi : ce simple fait de les nommer apaise souvent, plutôt que d’inquiéter.
Peut-on pratiquer l’IFS seul·e ?
On peut s’initier seul·e à observer ses parts et à leur parler avec bienveillance. En revanche, le travail sur les blessures profondes, ainsi que toute situation de trouble psychique (bipolarité, personnalité borderline, dissociation), demande l’accompagnement d’un ou d’une praticienne formée.
L’IFS est-elle reconnue scientifiquement ?
Les recherches sont encore peu nombreuses. Un essai contrôlé publié en 2013 dans The Journal of Rheumatology a donné des résultats encourageants sur la douleur et la dépression chez des personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde. Ces résultats restent préliminaires et doivent être confirmés.
Pour conclure
L’IFS thérapie propose un changement de regard : vos blocages, vos colères ou vos envies de fuir ne sont pas des ennemis, mais des parts de vous qui ont appris à vous protéger. En les écoutant depuis le Self, avec calme et curiosité, le conflit intérieur peut peu à peu se transformer en dialogue.
Dès ce soir, posez-vous 5 minutes à l’écoute de vos sensations, et découvrez ce qu’il se passe : est-ce que c’est en paix ? Est-ce qu’au contraire il y a un conflit ? Si rien ne vient, repensez à votre journée et aux interactions agréables ou moins agréables.
Et dites-vous : « J’accueille toutes mes sensations et je les remercie, je me rassure. » Et si vous vous jugez sévèrement, allez à la rencontre de cette partie qui se juge sévèrement, avec curiosité.
Si vous remarquez que les mêmes situations se répètent dans votre vie, poursuivez avec notre article pourquoi les mêmes situations reviennent : comprendre vos schémas.
Sources : Richard C. Schwartz, No Bad Parts, Sounds True, 2021 ; IFS Institute, présentation du modèle ; Shadick N. A. et coll., The Journal of Rheumatology, 2013, 40(11), p. 1831-1841 ; webinaire « Découvrez la méthode IFS qui change tout », Nathalie, Académie du Développement Personnel.